Situation des métiers de commerce et de services informatiques.

Situation des métiers de commerce et de services informatiques.

Depuis 2023, les évolutions et la mise en œuvre de nouvelles solutions informatiques ont fortement transformé l’approche et l’utilisation des infrastructures en entreprise et les usages chez les particuliers.

En effet, le déploiement généralisé de la fibre et le développement des réseaux 5G et satellites tels que Starlink, permettent aujourd’hui de bénéficier d’un débit plus que suffisant pour l’utilisation de solutions déportées ou hébergées et ainsi s’affranchir de certains aspects contraignants, fastidieux et lourds pour l’accès, la gestion des données et la sécurité de celles-ci.

Tout d’abord, ces solutions ont mené à une réflexion des responsables des services informatiques en entreprise en se posant la question sur le renouvellement des infrastructures locales ou à la migration sur des solutions hébergées pour le stockage des données mais aussi pour l’hébergement des infrastructures complètes dans le Cloud.

Car c’est bien là la première révolution qu’apporte la fibre en proposant des débits montants et descendants permettant d’obtenir des temps de réponse suffisamment rapides pour l’usage quotidien. Il devient alors possible de travailler confortablement sur des données hébergées depuis n’importe où. De fait, la sauvegarde des données se fait aussi directement en ligne et ne nécessite plus de solution locale.

Mieux encore, avec l’hébergement des infrastructures en ligne c’est toute la solution qui est sauvegardée il n’y donc plus besoin de serveurs locaux. L’administration système se fait en ligne de façon transparente et les mises à jour sont aussi centralisées et automatiques sur certains produits tel que Microsoft 365. Et il en est de même pour de nombreux produits qui deviennent des produits à abonnement et non plus en licences perpétuelles.

Les décideurs choisissent en fonction des coûts du matériel et des licences et/ou du montant des abonnements à ces services ainsi que des coûts de mise en œuvre et de maintenance des infrastructures, mais on constate malheureusement un glissement massif vers des solutions hébergées.

Alors, dans ce contexte, qu’arrive t’il aux prestataires informatiques qui proposaient des solutions locales dans le cadre de projet et de remplacement d’infrastructures ? C’est simple, ils deviennent des prestataires « one shot » pour les phases de migration et d’étude puis de simples intermédiaires lors du renouvellement des licences ou abonnements, et dans bien des cas ils disparaissent progressivement.

Ces solutions hébergées ont l’avantage de la disponibilité, de la sécurité proposée par les différents opérateurs et de la simplicité de gestion mais sont toutefois onéreuses et emprisonnent le client qui ne maitrise plus rien, le mettant à la merci des augmentations tarifaires, des modifications des produits et des technologies mis en œuvre par l’opérateur ou l’hébergeur. De plus une indisponibilité de la solution (panne) ou coupure de l’accès internet peut pénaliser le fonctionnement de l’entreprise.

Enfin, la multiplication des attaques virales et des ramsonwares ou cryptolockers nécessitant d’avoir des solutions de sauvegardes externalisées ou compartimentées avec des possibilités de restaurations des données impactées rapides et fiables, ces solutions hébergées apportent une réelle sécurisation et minimisent les risques de pertes.

Les solutions locales quant à elles deviennent rares et de plus en plus chères, d’abord le besoin de ressources évolue défavorablement, il est aujourd’hui nécessaire de disposer d’un grand volume de stockage, de serveurs puissants permettant la virtualisation, de processeurs disposant d’un nombre de cœurs suffisant, de mémoire vive conséquente et de sécurisation des accès via des solutions de protection antivirale et de pare-feu performant. Les constructeurs tels que HP ou Dell et les grossistes ne permettent que peu de marges de manœuvre sur les prix, le coût des licences ne cesse d’augmenter et les coûts liés à la mise en œuvre, l’administration et la maintenance des équipements ne font que croitre.

A cela s’ajoute aujourd’hui une pénurie mondiale de puces mémoires en raison du développement fulgurant de l’usage de l’IA et du stockage Cloud et ce quel que soit le domaine d’activité, la demande explose et les grands opérateurs ponctionnent la quasi-totalité de la production de puces mémoires. Les disponibilités diminuant, les prix augmentent drastiquement. Il devient aujourd’hui très difficile de faire des propositions concurrentielles car cette pénurie impacte fortement le prix des équipements.

Et cela ne s’arrête pas là, l’IA aujourd’hui permet de répondre à bon nombre de problématiques techniques donc le besoin en compétences nécessaires à la configuration, la gestion, l’analyse, l’administration et l’usage quotidien sont moindres. L’IA ce n’est pas parfait mais ça suffit dans bien des cas et ça coûte moins cher…..

Vous l’aurez compris, le Cloud, l’IA, la pénurie et l’incertitude du contexte géopolitique et économique du moment provoquent des bouleversements du métier au sein des entreprises mais aussi chez les particuliers.

En effet, si la fin du support de Windows 10 par Microsoft avait permis un rebond de la vente de PC et donc des prestations liées aux remplacements des machines qui ne pouvaient pas migrer vers Windows 11 ou aux migrations vers Linux pour les utilisateurs soucieux de garder leurs vieux équipements, ce sursaut a été stoppé net par la pénurie de mémoire et les augmentations du prix du matériel mais aussi de l’ensemble des produits de grande consommation et des produits pétroliers actuellement.

Il en résulte une baisse très significative de la demande de produits et services informatiques qui met à mal toute une filière entrainant la cessation d’activité et la fermeture d’enseignes.

Depuis peu, l’état prend enfin conscience de l’importance de l’informatique et de la sécurité de nos données et des outils, et surtout de notre dépendance aux solutions des opérateurs majoritairement américains. Il est aujourd’hui plus que nécessaire de se poser les bonnes questions sur l’évolution de l’outil informatique tant sur les questions de souveraineté, de sécurité, de pérennisation de tous les acteurs (éditeurs, développeurs, techniciens, ingénieurs, prestataires), et surtout de perspectives sur le long terme et sur l’avenir des métiers de l’informatique.

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