Bitcoin et Cryptomonnaies

Depuis quelques temps vous entendez régulièrement parler des monnaies virtuelles ou cryptomonnaies avec parmi les plus connues le Bitcoin. Les journaux télévisés montrent même des gens heureux de participer à l’essor de ces monnaies et nous présentent la chose comme étant l’avenir de l’économie. En effet, ces monnaies ont vu récemment leurs cours augmenter de façon fulgurante et parfois faire une chute vertigineuse en l’espace d’un rien de temps. Alors qu’en est-il vraiment ? Peut-on y croire ? Et en fait comment ça marche ?

Attention, je ne cherche pas à expliquer le Bitcoin ou à prouver quoi que ce soit, mais simplement en m’appuyant sur l’excellent cours sur le sujet du site www.openclassrooms.com qui m’a beaucoup éclairé, je vais essayer de le synthétiser pour le rendre plus compréhensible.

 

Revenons sur le concept de la monnaie en général en revoyant l’histoire.

Au début, il n’y a pas de monnaie mais un système bien plus ancien : le troc. On s’échange des choses en les valorisant selon leur niveau de rareté ou d’importance dans la vie de tous les jours, mais il est parfois difficile de valoriser les choses ou de les diviser de façon équitable. Ainsi si par exemple on dit qu’un cheval vaut deux bœufs, la personne qui souhaite acquérir un seul bœuf ne peut pas découper son cheval en deux (ça le tuerait !). Cet exemple (issu d’un très bon article sur le sujet du site http://www.OpenClassRooms.com), permet de comprendre simplement comment on en est arrivé à créer un système permettant de plus petites divisions : la monnaie.

Les premières monnaies ne sont pas des pièces mais objets de petite taille, des petits objet rares ou des denrées comme le sel (qui deviendra « salaire »). Puis avec le temps l’or qui était rare devint précieux et pris de la valeur. On a alors créé des pièces de différentes tailles et de différents poids pour visualiser la valeur. Ces pièces précieuses pouvaient se perdre et donc il fallait trouver un moyen de les mettre à l’abri. C’est là qu’apparait l’orfèvre qui deviendra banquier.

L’orfèvre entrepose l’or et les pièces et donne un bon de dépôt au client attestant de son droit à une certaine quantité d’or ou de pièces. Ce bon pouvant être échangé entre les clients eux-mêmes pour s’acheter des biens, ils deviennent l’équivalent des billets.

Les orfèvres commencent à faire des prêts en émettant des bons supérieurs à la quantité d’or ou de pièces qu’ils entreposent. Cela fonctionne tant que tout le monde ne vient pas récupérer son or en même temps sans quoi la banque (ou l’orfèvre) fait faillite. Mais c’est ainsi que cela fonctionne depuis des lustres, les banques prêtent de l’argent qu’elles n’ont pas. Et ce système repose uniquement sur la confiance que l’on peut donner aux banques.

Si au début de la monnaie l’or sert de référence (étalon or), aujourd’hui ce n’est plus le cas. En 1944 seul de dollar américain était convertible en or et en 1971 ce système est abandonné afin de permettre aux états de produire autant de billets que nécessaire à leurs économies. Les monnaies des différents pays peuvent alors s’échanger entre elles directement. On perle de changes flottants, exemple : 1 dollar vaut 1,15 euro un jour et 1,20 euro le lendemain tout dépend de l’offre et de la demande.

Après ces quelques explications très simplifiées on comprend alors que les banques ne possèdent pas tout l’argent qu’elles prétendent, qu’il n’y a pas vraiment d’argent sur notre compte bancaire et enfin que la valeur de ce que la banque nous doit peut fluctuer en fonction de qui prête quoi à qui et des différents échanges des systèmes bancaires. L’économie d’aujourd’hui est basée sur le crédit et les banques prêtent de l’argent qu’elles n’ont pas en ajoutant des lignes de crédit dans leurs bases qui viennent compenser les manques dans leurs caisses. (La banque prête 1000€ qu’elle n’a pas à Mr Dupont qui de fait les lui doit pour de vrai donc la banque fabrique de l’argent en faisant du crédit). Le système tient jusqu’à l’effondrement tel que la Grèce l’a connu récemment en retirant massivement l’argent des banques.

Les anarchistes et crypto-anarchistes

Les anarchistes veulent évoluer dans un monde sans état et se méfient des institutions, ils souhaitent s’auto gérer. Certains d’entres eux ayant de bonnes connaissances informatiques et une bonne compréhension d’internet ont compris qu’il était possible de créer un environnement au sein d’internet qui permettrait des échanges de données de manières sécurisée en cryptant ceux-ci afin d’être protégés de l’intrusion des institutions dans le système. De plus ils utilisent pour ces échanges des systèmes sûrs indépendant des gros éditeurs comme Microsoft et Apple. Linux, VPN, Thor, etc… tous les systèmes permettant de cacher les échanges sont utilisés.

La Blockchain

En 2008, un certain Satochi Nakamoto (dont la véritable identité n’est pas connue) présente une monnaie qu’il vient d’inventer : Le Bitcoin.

L’idée de départ est le livre de compte. En effet en lisant le livre de compte on peut voir qui doit de l’argent à qui.  Mais il n’y a pas de pièce de Bitcoin (ça n’existe que virtuellement) donc qui possède quoi ?

Simple exemple : Bob paye virtuellement 250€ à Bill qui paye à son tour 30€ à William fait que Bob est à -250, Bill est à +220 et William à +30, les comptes sont donc équilibrés.

Les échanges sont si nombreux qu’il faut beaucoup de livres de comptes mais dans le monde virtuel ce sont des fichiers que l’on appelle blocs. L’ensemble des blocs constituent la Blockchain.

Le Hash

On s’échange ces fichiers sur des réseaux sécurisés mais il faut s’assurer qu’ils n’ont pas été modifiés afin d’éviter les tricheries ou les vols de données. On utilise donc la cryptographie pour coder celles-ci avec la méthode du Hashage. Il s’agit d’une fonction mathématique qui transforme n’importe quel contenu de fichier en grand nombre hexadécimal (suite de lettres de « a « à « f « et de chiffres). Ainsi le code obtenu varie en fonction du contenu de départ et les mots « Argent » et « argent » ne donneront pas le même « Hash » simplement parce que la majuscule provoquera un code différent.

On s’échange les livres de comptes (ou blocs), « Hashés », et en lisant tous les blocs on peut tracer tous les échanges en Bitcoins.

Les mineurs (réseau de minage)

Où est stockée la Blockchain ? Et bien en gros nulle part et partout. En fait chaque ordinateur qui fait partie du réseau du Bitcoin fait partie de la Blockchain et possède une copie de celle-ci. C’est un fonctionnement en PeerTo Peer comme les Torrents par exemple. Pour faire partie du réseau il faut faire fonctionner sur son ordinateur un logiciel appelé Bitcoin Core.

Le principe du minage est simple, comme pendant la ruée vers l’or, les mineurs cherchaient de l’or, comme l’or avait de la valeur celui qui en trouvait devenait plus riche. Pour créer de nouveaux Bitcoins les ordinateurs doivent résoudre un problème mathématique complexe en retrouvant le nombre qui « hashé » donne un résultat particulier, ce qui est normalement impossible sauf à essayer toutes les possibilités car le principe de hashage ne marche que dans un sens.

Cette quête demande énormément de ressources et un simple ordinateur ne peut y arriver, mais lorsque tous les ordinateurs du réseau Bitcoin s’y mettent alors on considère qu’un nouveau bloc est créé toutes les 10 minutes et le gagnant (l’ordinateur qui donne le résultat) gagne des Bitcoin. Plus le temps passe, plus le nombre de machines calculant devient important, la probabilité d’être le gagnant s’affaiblit et il devient de plus en plus difficile de miner pour une récompense plus petite. Les calculs montrent qu’il n’y aurait plus de nouveaux Bitcoins dès l’année 2140.

Afin d’augmenter les capacités de minage, les mineurs utilisent des ensembles de machines très puissantes majoritairement basées sur des cartes vidéo montées en série pour résoudre l’impossible équation. Les chances de gagner augmentent sérieusement mais rien n’est garanti.

Les effets du Bitcoin et autre Cryptomonnaies basées sur ces principes

  • Economie virtuelle qui ne se base sur rien de concret (mais c’est déjà le cas avec les banques),
  • Consommation énergétique hallucinante des ordinateurs du réseau Bitcoin,
  • Endettement des participants à la blockchain pour espérer un gain (c’est la loterie),
  • Valorisation boursière totalement instable (en cas de doute le cours s’effondre rapidement)
  • Création de monnaies similaires s’appuyant sur des concepts plus ou moins identiques profitant de la bulle (le concurrent le plus sérieux étant l’Ethereum.
  • Risque d’un effondrement économique en cas de faille du système (250 milliards de fond à ce jour)

En bref, j’ai réalisé cet article en me basant sur l’excellent cours d’openclassrooms que je vous invite à lire pour comprendre encore plus loin le fonctionnement des cryptomonnaies (du Bitcoin dans le cours). Il est difficile de dire aujourd’hui si ces monnaies ont un avenir pérenne ou si elles vont faire explorer l’économie mondiale au profit de quelques-uns. Toutefois il est intéressant de s’y pencher pour mieux les comprendre. Et enfin la question que l’on doit se poser : Qu’adviendrait-il si tout le monde retirait son argent (Bitcoin valorisés) en même temps ? Comme pour les banques du début de l’article, le Bitcoin c’est du rien au départ…donc….???????

Sources : https://openclassrooms.com/courses/comprendre-le-bitcoin-et-la-blockchain