Opérateurs téléphoniques : la Bérézina !

Comme beaucoup de français ou d’entreprises et en tant que professionnel de l’informatique Le PC Déglingué subit la dégradation de l’ensemble des services des opérateurs téléphoniques. En effet, nous avons aujourd’hui la sensation de la mise en place progressive d’une vaste escroquerie organisée concernant les pratiques commerciales d’Orange dont le dirigeant Stéphane Richard a été nommé par le gouvernement et qui ne répond plus du tout aujourd’hui aux principes de services public de « feu » France Télécom. N’en déplaise à Mr Patrick Drahi de Altice (Sfr) ou à Mr Xavier Niel de Free qui sont aussi responsables de la situation en ayant fait feu de tout bois tirant vers le bas les prix mais aussi la qualité de service .

Il s’agit là d’un scandale national où aucune autorité réelle n’intervient laissant libre cours aux débordements les plus absurdes. Il est devenu aujourd’hui plus compliqué d’ouvrir une ligne téléphonique que dans les année 50.

L’état ne fait rien, ne s’engage à rien, ne surveille rien et laisse les opérateurs détruire progressivement le bien public. Par contre, celui-ci contraint le contribuable à financer toujours un peu plus cette aberration et l’oblige à utiliser massivement les services internet pour la plupart des démarches administratives (impôts, cartes grise, inscription scolaires, caf, etc…) sans réellement se soucier des vrais problèmes que cela engendre. En effet, sous prétexte d’économies et de simplification administratives, les guichets ont été supprimés dans la majorité de ces instances, les numéros de téléphones quand ils ne sont pas supprimés eux mêmes sont redirigés vers des serveurs vocaux catastrophiques ou vers des formulaires en lignes incompréhensibles sur des sites web non fonctionnels.

Ceci ne date pas d’aujourd’hui et de l’actuel gouvernement mais il s’agit d’un mal plus profond qui a donné le pouvoir des communications à des instances privées qui réalisent des profits considérables sur un service public qu’ils appellent dorénavant un produit. Car en effet Internet est devenu un produit sur lequel se greffent des services payants dont nous sommes de plus en plus dépendants. Le téléphone de base en RTC n’existe quasiment plus, la TV passe aujourd’hui aussi pas des box sans parler bien sûr des échanges de mails et autres besoins courants d’internet. Le commerce en ligne a détruit petit à petit, mais de façon inexorable, le commerce de proximité a lui aussi besoin d’internet pour produire.

Doit-on laisser tout ceci dans les mains d’opérateurs incapables de fournir le service qu’il nous font payer dans de bonnes conditions sans surveillances et sans véritables contraintes ?

L’essor de la téléphonie mobile à poussé l’Arcep à réguler certaines choses mais l’Arcep joue t’elle réellement son rôle ? Certains arbitrages d’attribution de fréquences 4G ou 5G sont annoncés en grande pompe, mais qu’en est il du reste du réseau ?

Les opérateurs ont investi massivement dans le sport ou la presse, puis ils se font une guerre permanente sur le prix des offres de téléphonie en réduisant le prix des forfaits de façon si incroyable que l’on se demande comment il font pour en tirer un quelconque bénéfice, mais tout cela a un coût financier bien sûr mais aussi social. Afin de résoudre l’équation  de la rentabilité, les opérateurs ont supprimé de nombreux postes, de fait le SAV n’est plus assuré, puis l’appel à la sous traitance au moindre coût s’est développé poussant chaque intervenant à être de moins en moins impliqué dans ce qu’il fait car déconsidéré, submergé, dégoûté, ou totalement à bout le poussant dans des idées parfois extrêmes.

Le matraquage publicitaire des opérateurs (souvent proche du mensonge) devrait être véritablement surveillé et dès lors qu’il y a manquement celui-ci devrait être puni comme pour n’importe quel autre individu ou entreprises. Mais l’Arcep et Hadopi ou tout autre autorité ne sont que des façades, UFC que Choisir, 60 millions de consommateurs, ou encore Julien Courbet, ne peuvent intervenir qu’au cas par cas ce pour résoudre certains litiges mais ce n’est pas une solution.

L’avenir est certes au développement d’internet pour accélérer les échanges et créer de l’emploi mais il doit se faire de façon contrôlée imposant des obligations de résultats réels et engageant les fournisseurs d’accès sans quoi nous devenons des otages d’un système devenu fou. La neutralité du Web déjà acquise aux États-Unis et probablement adoptée en Europe dans un avenir proche nous promets des heures encore plus sombres.

En novembre, Ovh subissait un panne électrique importante faisant « tomber » la majorité de ses services. De fait c’est l’ensemble du réseau national qui en subissait les conséquences pendant quasiment 48h (rétablissement de tous les services) car l’effet domino de la réplication Dns provoquait de graves dysfonctionnements chez l’ensemble des opérateurs. Si Ovh a été pointé du doigt à ce moment là, c’est l’état qui est directement responsable de la situation en ne faisant tout le nécessaire pour maintenir l’infrastructure nationale dont tout dépend. Cet évènement montre à quel point le système est fragile et une attaque d’envergure ne notre réseau informatique mettrait notre pays à genoux en 72h maxi si elle était coordonnée. On ne rigole pas et bien que passé inaperçu pour beaucoup cet évènement est gravissime.

Comment a t’on pu en arriver là ? Nous sommes en France au 21ème siècle bon sang ! On se croirait dans un pays du tiers monde !

Il s’agit là d’un constat affligeant mais nos entreprises subissent le poids des décisions qui ont été prises avec des pertes d’exploitation et de temps qui dans certains cas peuvent faire perdre des marchés ou clients de façon irréversible. Sans oublier bien sûr les particuliers certes moins pénalisés financièrement mais qui sont des utilisateurs tout aussi respectables et qui ont eux aussi droit à moins de médiocrité.